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Pratique et théories de l'interculturel

Réconcilier pratiques et théories de l’interculturel

Mes réflexions portent les traces d’une expérience, et cette expérience a fortement connoté ma façon de penser les problèmes culturels. Cette expérience n’est pas seulement individuelle. Je l’ai faite en accompagnant de nombreuses personnes dans leur évolution culturelle et, sur le plan collectif, en militant pour le respect des cultures minoritaires.

L’interculturel n’est pas seulement un objet de réflexion, ni uniquement un sujet de thèse. Il est, par exemple, significatif que les personnes qui ont travaillé sur la question ou qui s’y sont intéressées autrement, avaient presque toujours des liens affectifs avec des personnes d’autres cultures, ou bien, avaient passé un temps assez long en terre étrangère. Sur le plan collectif, les membres des minorités culturelles s’intéressent, en général, plus aux questions interculturelles que ceux de la majorité culturelle.

Les questions que pose l’interculturalité ont donc nécessairement une dimension affective. Celle-ci est engendrée par l’échange, par le voisinage, par la curiosité, par le souci de justice (contre la discrimination de tout genre !), par la co-existence, par le tourisme intelligent, par des lectures… Bref, quand la rencontre crée des liens de sympathie, voire d’empathie. Celui qui ne connaît ni ne reconnaît l’autre n’aura aucune envie de réfléchir sur l’interculturel. C’est aussi pour cela que dans les stages de formation et dans mes publications j’ai toujours inséré des exemples et des analyses de cas concrets.

Le fait que la réflexion sur l’interculturel est tellement chargée de subjectivité ne la dispense pas d’être la plus rigoureuse possible. Parmi les critères que je m’efforce de respecter il y a :

- la proximité de mon expérience personnelle avec celle d’autres personnes dont les uns ont fait une expérience semblable et d’autres ont réfléchi et écrit sur ces expériences ;

- la conscience de me situer dans l’histoire de la société, de mes diverses appartenances et des sciences sociales ; j’essaie d’être conscient de mes conditionnements culturels ;

- la conviction d’embrayer sur un mouvement historique caractérisé par la multiplication des échanges culturels et d’accès de toutes les sociétés à la modernité et par l’écart croissant entre peuples par rapport à l’accès à cette modernité.

La rencontre culturelle peut produire un enrichissement, mais également un repli sur soi, voire une déculturation. L’interculturel n’est autre chose que la volonté de tirer le meilleur profit possible d’une communication toujours plus vaste et intense. Pour moi, cela vaut un engagement, à la fois intellectuel et militant.

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